Pixels

Pixels, c’est une invitation à s’immerger dans le virtuel du monde qui nous entoure, à voyager « de l’autre côté » de nos écrans, nos mornes toiles de verre que sont les télévisions, ordinateurs, et autres objets connectés. Sur un fond noir, surgissent des corps colorés, diffractés, littéralement pixellisés, hybrides d’humains et de lumière, entre créatures fantastiques et êtres de science fiction, paysages oniriques et images de synthèse.

Ici, la lumière semble émaner depuis l’intérieur même des corps. La chambre noire, lieu où le photographe développe ses négatifs, devient le lieu d’apparition de tous ces personnages irréels ou fantasmés. Ici, on devine un visage, un dos...Devant ces nuages de points, ces lignes, ces figures abstraites et géométriques, on croit apercevoir un objet du quotidien, un animal, un ciel étoilé, des formes en perpétuelle métamorphose. Chaque cliché raconte à chacun son histoire, que l’œil se plaît à décoder et se raconter sans cesse.

Pourtant, aucun trucage. Il y a dans Pixels l’émerveillement devant une magie spectaculaire « faite main » : un vidéoprojecteur, un corps devenu une toile vivante, chaleureuse, accueillant des images de fractales que l’artiste utilise à différents niveaux de netteté et de profondeur. Choisies pour la variété infinie de motifs et de teintes qu’elles proposent, elles participent à cette impression de dynamisme, de mouvement, par la circulation du regard qu’elles génèrent.

La trame (ou « grille ») et les motifs produits par le vidéoprojecteur se déforment au contact des courbes et des replis du corps, et réciproquement, les redessinent entièrement. Creusées par les ombres, certaines zones disparaissent dans noir, créant des distorsions qui contribuent à remettre du jeu dans notre perception de l’espace et de la profondeur. Le tirage, réalisé sur des toiles utilisées pour la peinture, accentue ce sentiment de relief, cette expérience d’une vision à trois dimensions simplement à l’œil nu et sur un support « 2D ».

Pixels, c’est ainsi un retour ludique et inattendu au sens premier de la photographie, « écrire la lumière », et nous rappelle qu’à l’heure du numérique, toute photo se décompose en autant de ces petits points, et que sa perception, lissée et recomposée par notre cerveau, relève d’une forme d’illusion d’optique qui nous fait croire à une image unitaire. C’est également l’infinité d’un monde qui n’existe pas, où l’imagination seule est reine, dénuée de toute limite, finalement libre. Ces principes, Kokopele les applique à même la chair.

 

  • François Niay

Pixels

Model : Juliette

Pixels – Artist Edition

Model & Artwork : Slane